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01/04/2015

LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ DU 1er avril 2015

Quand ce nouvel hôpital a été imposé aux Annéciens, il y a 45 ans, comme une réussite esthétique, certains avaient osé dénoncer le parti pris architectural....on les considérait, au mieux, comme des nostalgiques.Annecy, Crédit Agricole

17/01/2008

Il faut sauver le site de l'ancien hôpital des Marquisats

Le site des Marquisats avec son patrimoine bâti ancien fut un des paysages annéciens les plus remarquables.


Le déménagement prochain de l’hôpital dans ses nouveaux locaux de Metz-Tessy et un projet immobilier de grande ampleur sur ce site ont amené plusieurs associations de défense du patrimoine et de l’environnement à agir par différents moyens pour préserver ce quartier d’Annecy contigu de la vieille ville, situé en bordure du lac et ouvrant de part et d’autres de très belles perspectives.
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Dans les années 70 l'aile droite a été détruite pour y accoller la partie moderne de l'hôpital, déséquilibrant totalement l'ensemble...Nous proposons de profiter de la démolition prévue pour reconstruire cette partie et ainsi redonner de l'allure à cet ensemble. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'hôpital actuel, les bâtiments anciens et modernes, se situent à proximité d’édifices protégés au titre des monuments historiques :
    - le château (arrêté du 12 octobre 1959)
    - l’église Saint François de Sales (arrêté du 27 mars 1952)
    - l’ancien séminaire (arrêté du 9 juillet 1974). Ce dernier bâtiment fait partie intégrante de cet espace. Il est vrai que l’immeuble du 12, avenue de Trésum, s’il est un témoignage d’une certaine architecture triomphante des années 50, vient quelque peu altérer l’harmonie de l’ensemble.
Par ailleurs, surplombant, les anciens hospices, le château de Trésum (nouvel évêché) vient par son allure majestueuse compléter ce paysage, qu’il serait possible de retrouver dans sa plus grande partie avec la disparition des barres de béton.
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Construit à la fin du XVIe s., le Couvent des Capucins fût vendu comme bien national pendant la Révolution. L’administration des Hospices en fit l’acquisition en 1821 à l’avocat Philippe.

 

Il est difficile, pour l'instant, de connaître avec certitude quel fût l'architecte du premier bâtiment de l'hôpital situé sur les terrains du couvent des Capucins.
     
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 L'hôpital achevé en 1823
Dessin préparatoire à la lithographie, Prosper Dunant (1790 -1878)
 

D'après des notes retrouvées dans ses carnets on sait que l'architecte et peintre annécien Prosper Dunant a travaillé sur les plans de l'hôpital en février 1822 (reprenant probablement les plans laissés par son père Jean-Marie Dunant décédé en janvier1822) sous la direction du Révérend Amblet. D'après les archives de l'hôpital déposées aux archives départementales, Louis Ruphy (1791 - 1859) assure dès le mois de mars 1822 la maîtrise d'œuvre des "réparations" du couvent des Capucins.
Ce beau monument tout en pierre de taille actuellement presque intact, a été construit en 1822, comme en témoigne l'inscription gravée au dessus de la porte centrale. Un dessin préparatoire et une lithographie de 1824 de P. Dunant nous le montre achevé : style simple et équilibré, sans fioritures. Immeuble de trois étages, la façade face au lac est percée de 9 fenêtres par étages. Les fenêtres de l’étage du milieu sont cintrées. Situé au sud, l’escalier desservant les étages de ce bâtiment est d’une superbe facture classique.
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En 1861 le chanoine Vaullet (1803 – 1876), aumônier de l’hôpital depuis 1825 pose et bénit la première pierre des nouveaux bâtiments conçus par l’ancien architecte voyer d’Annecy, Ignace Monnet, né à Annecy en 1807, ancien collaborateur de Victor Baltard (1805 – 1874). Hélas, c’est probablement quelques années plus tard que les bâtiments conventuels des Capucins qui avaient été intégrés au premier hôpital disparaissent avec le cloître. Mais les nouvelles constructions sont disposées d’une manière équilibrée respectant les règles architecturales de la tradition française autour du bâtiment le plus ancien qui devient central.  Leur style reste classique et intègre de manière harmonieuse l’édifice primitif. Achevé en 1865 le nouvel hôpital a une belle allure d’ensemble. Ses deux corps principaux forment un angle droit. Le premier corps fait face au lac, l’autre déploie sa façade vers la vieille ville.

 
 
 
La construction est solide, la pierre de taille en est la composante essentielle, elle a été taillée sur place, à l’exception des partie en granit. Les principales portes d’accès sont encadrés par d’imposantes colonnes de granit monolithiques supportant de belles terrasses en pierre.


Une chapelle de style gothique…


La chapelle gothique occupe l’emplacement exact de la chapelle du XVIe s. des Capucins désaffectée en 1792. Elle se situe à l’angle Nord-Ouest du bâtiment de 1822. Comme en atteste le descriptif des travaux dressé par l'architecte Louis Ruphy, le corps de bâtiment a bien été construit sur les fondations du Couvent des Capucins. La chapelle a été plusieurs fois aggrandie. Dans on état actuel, elle ne sera utilisée qu’à partir de 1866, année où elle est aménagée par le chanoine Vaullet.
Sa décoration, bien que mal remaniée dans les années 1970, est typique du style en cours sous Napoléon III mélangeant aisément néo-gothique et néo-classicisme.

 
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 Vitraux de la chapelle de l'hôpital, au fond on aperçoit le balustre de la tribune
(condamnée pour être transformée en local technique)
 
Moins soucieux de l'esthétique, les promoteurs de l'hôpital moderne, contre l'avis de l'architecte Cottard, vont raser l’aile nord pour édifier le bloc hospitalier actuel. Ces choix quelque peu brutaux ont toujours, à Annecy, la faveur des décideurs, on pense aux travaux tout récents des lycées Sommeiller, Berthollet et Gabriel Fauré qui viennent d’être affublés de nouveaux corps de bâtiments en totale contradiction avec l’architecture d’origine. Avec la Préfecture et l’Hôtel de Ville et même le Haras, il est indéniable que l’hôpital constitue un des plus beaux témoignages de l’architecture du XIXe s. à Annecy.
Bien qu’aujourd’hui un crépi gris foncé et sale donne un aspect triste à ces édifices, il mérite d'être sauvegardé et réhabilité.

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Le pélican du fronton, serait sauvegardé (on imagine la difficulté de le découper dans la façade...) avec l'oratoire et le saloir
 
Le permis de démolir du 13 février 2007, prévoit la démolition de la totalité de l’hôpital ; seuls le pélican du fronton, un petit oratoire (à ne pas confondre avec la chapelle...) et un bassin en pierre (vraisemblablement un saloir...et non des fonts baptismaux comme le suggéraient les services techniques de la ville !) seraient épargnés. La municipalité actuelle souhaite en effet démontrer par là qu'elle a le souci de la préservation du patrimoine !
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Monsieur Rigaud, maire d'Annecy est, hélas, resté sourd aux deux recours grâcieux lui demandant d'annuler son permis de démolir. Les associations de défense de l'environnement attaqueront vraisemblablement les permis de construire qui devraient être prochainement accordés s'ils ne tiennent pas compte des arguments évoqués pour la sauvegarde d'un des plus beaux sites d'Annecy. Les premiers plans et perspectives rendus publics sont très décevants.

Il a été évoqué plus haut le bâtiment du séminaire, notre description serait incomplète si l’on ne faisait un historique du terrain servant aujourd’hui de parking directement attenant à ceux de l’hôpital.

 
 
                                                                    
 
Ce que l'on dénomme aujourd'hui “clos Balleydier” était délimité par le séminaire, les propriétés des religieuses de Saint Joseph (ancienne Visitation et toute première Visitation puisque c’est dans la maison dite de la Galerie que fut créé l’Ordre de la Visitation en 1610), la rue de la Providence et enfin l'avenue du Trésum, élargie dans sa première partie après l'acquisition par la municipalité de cette propriété, qui pour se rendre maître des lieux a fait état de différents projets tous restés à l’état d’ébauche.
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    La propriété Dunant au Nord-Ouest transformée en parking
 
Aujourd’hui, la municipalité propose ce terrain pour y construire un Palais des Congrès. Un classement des sites hospitaliers permettrait évidemment une meilleure maîtrise architecturale des lieux.

C’est le 23 Brumaire de l'an IV de la République, que Nicolas Desrippes, ci-devant chanoine de la cathédrale “Saint Pierre de Genève” est déporté pour ne pas avoir prêté serment de fidélité à la République française, conformément au décret de la Convention nationale du 22e jour de Floréal, an Il de la République. En vertu des lois qui assimilent les prêtres déportés aux émigrés, le Directoire du district d'Annecy met sous scellés ses biens. Son neveu, Jean Marie Dunant (1761 – 1822), architecte annécien et ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, francophile et, somme toute, bon citoyen de la République, mettra tout en œuvre pour que les biens de son oncle mis sous séquestre comme bien national, lui reviennent en tant qu'héritier, ce que d'ailleurs notre chanoine avait indiqué dans son testament du 17 avril 1793.

C'est ainsi qu'il devient propriétaire d'une maison caractéristique des faubourgs d'Annecy édifiée en 1718 et rasée en 1991. Par la suite, Jean Marie Dunant va acquérir les parcelles voisines appartenant au procureur Claude Joseph Philippe et au sieur Charles Louis Comte,  biens nationaux anciennes propriétés des Capucins. C'est donc sur cet emplacement qu'il fera construire, d'après ses plans, sa villa à la fin de la Révolution, témoignage unique de l'architecture néo-classique française à Annecy de la fin du XVIIIe s. Entre 1978 et 1991, les trois maisons de cette propriété, dont l'atelier du peintre et architecte Prosper Dunant (1790 – 1878) formé par les meilleurs maîtres parisiens de 1812 à 1817 ont été démolies pour laisser place au parking actuel.

On parle aujourd’hui d’y implanter un centre des congrès…  Sur l’ancienne propriété des architectes Jean-Marie Dunant (1761 - 1822) et Prosper Dunant et de Camille Dunant à qui Annecy doit beaucoup, on pourrait y édifier un bâtiment dans le goût classique respectant les grandes règles de l’architecture européenne.


Demande de protection  des bâtiments et du site
au titre des monuments historiques.

Comme nous l’avons noté, plusieurs bâtiments historiques classés ou non se situent dans la zone proche de l’hôpital.
Il est donc nécessaire de renforcer, d’une façon ou d’une d’une autre, la protection de ce site menacé par des constructions disharmonieuses.
Comme lors de la démarche qui a été faite dans la protection des Haras d’Annecy où l’ensemble du site a fait l’objet d’une inscription, les anciens bâtiments hospitaliers intégrés dans un superbe paysage naturel constituent par eux-même un ensemble à protéger dans leur globalité. La commune d’Annecy a entamé le processus de classement d’un bâtiment situé dans cette zone. Il s’agit de l’ancienne aumônerie du centre hospitalier. Cette maison identifiable sur la mappe sarde de 1730, appartenait alors au “sieur Treppier Antoine”.  “ Elle est vraisemblablement le siège d’une petite exploitation agricole jusqu’en 1871, date à laquelle la maison est acquise par les hospices civils pour accueillir l’aumônerie de l’hôpital d’Annecy. Dans les années 1980, elle devient la maison d’habitation du Directeur de l’hôpital”.
“À l’orée de ce XXIe s., laissant entrevoir d’importants bouleversements, il serait profitable à tous de conserver ce témoignage d’une vie agro-pastorale au cœur de notre agglomération” (cf. Conseil municipal d’Annecy, séance du 14 mai 2007, rapport de Mme Provent)

Si l’enveloppe extérieure de cette maison est effectivement restée la même depuis presque trois siècles, elle a en revanche subi récemment des transformations intérieures irréversibles. Seul le grenier et sa charpente ont été épargnés.
Cette protection au titre des monuments historiques n’aurait donc d’intérêt que dans le cadre d’une protection étendue à tous le secteur des anciens hospices  (cf. vue aérienne)
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 En rouge ce que nous souhaitons voir démoli, en sépia ce que nous voulons sauver
 
Par ailleurs, dans le cadre des projets de construction nous suggérons une reconstruction à l’identique des parties détruites de l’hôpital ou en tout cas un parti pris qui puisse s’intégrer le mieux possible aux parties existantes les plus nobles. Le reste de l'ensemble devra, bien évidemment, être en phase avec les monuments historiques voisins et en harmonie visuelle avec le site.